L’ambon et l’autel

L'ambon et l'autel

« Comme autrefois pour les disciples d’Emmaüs, le Christ nous ouvre les Ecritures et nous partage le Pain » (Prière eucharistique n°4 – circonstances particulières). La Parole de Dieu et le Pain eucharistique sont inséparables : la Parole proclamée mène à la Parole sacramentellement présente.

L’ambon (du grec  anabainein : petit sommet – ou saillie) est le pupitre placé à l’entrée du chœur. Distinct du lieu d’où sont dirigés les chants, il sert à poser le lectionnaire, et comme appui lors de l’homélie. Avant, pour marquer l’unité entre la Parole et le Pain, la proclamation de la Parole divine était souvent faite à l’autel même où l’enfant de chœur déplaçait simplement le livre d’un côté ou de l’autre. Dans les célébrations solennelles, le livre des Evangiles est encore déposé, au début de la Messe, sur l’autel lui-même où le lecteur consacré (diacre ou prêtre) ira l’y chercher au moment de lire l’Evangile, avec le chant de l’Alléluia qui accompagne le mouvement qui va de l’autel à l’ambon.

Si, la Cène, le Jeudi Saint, les apôtres sont appuyés sur des divans à la manière romaine, dès le 1er siècle « le repas du Seigneur » est célébré, soit dans des maison privées, soit sur les tombes des martyrs, d’où la forme de tombeau qu’ont certains autels et l’habitude (comme nous le voyons dans la crypte de St Christophe) de mettre sous l’autel les reliques des saints. Et, à partie du IVème siècle, les premiers Chrétiens édifient des églises où ils célèbrent l’Eucharistie sur un lieu consacré : l’Autel, (du latin altare, lieu d’où s’élève vers Dieu notre offrande).

L’autel a depuis toujours deux dimensions conjointes car l’Eucharistie est sacrifice actualisant l’unique sacrifice de la Croix, et elle est aussi repas de communion : le pain multiplié et distribué à la foule, comme l’eau changée en vin à Cana, préfigurent l’Eucharistie où le fidèle reçoit le Pain de Vie et le Vin du Royaume.

Aussi, beaucoup d’autels construits depuis Vatican II évoquent la table du banquet.

Les matériaux les plus classiques utilisés pour les autels sont le bois et la pierre. La pierre rappelle les autels de l’Ancien Testament, construits en pierres non taillées par la main de l’homme pour mieux faire saisir le caractère transcendant de l’acte religieux. Mais, surtout, elle signifie le Christ Lui-même qui est le Rocher d’où sort l’eau vive (1 Co 10,4), la pierre rejetée des bâtisseurs devenue, par sa résurrection, la pierre d’angle (Ps 118, 22). Quant au bois, il rappelle le bois de l’arche de Noé ou celui que Moïse jeta dans les eaux amères pour les rendre potables (Ex 15, 25). Mais surtout, il signifie le bois de la Croix qui est l’arbre de vie, signe du salut qui fleurit à la place de l’arbre de mort et de désobéissance du Jardin de la Genèse.

L’autel n’est donc pas un meuble seulement fonctionnel : il est signe du Christ. Comme le dit la liturgie, dans le sacrifice de la Croix, le Christ est à la fois « l’autel, le prêtre et la victime » (Préface 5 du temps pascal). La victime : c’est Lui qui est offert. Le prêtre : c’est Lui qui offre. L’autel : par l’Esprit Saint le Christ est lui-même l’autel qui sanctifie tout don.

L’autel est entouré de vénération en Orient, comme en Occident où il est souvent surmonté d’une sorte de dais, le ciborium, ou d’un baldaquin. Encensé dans les célébrations solennelles, il est, au début et à la fin de chaque Messe, embrasé par le prêtre qui manifeste ainsi que c’est le Christ qui préside invisiblement la célébration.

d’après «Billet spirituel du mois »

Notre Dame Infos de Créteil Avril 2014 

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