L’importance de la conscience

  • Il n’y a culpabilité réelle que si, au terme d’une réflexion de l’intelligence, notre raison peut, au tribunal de notre conscience, répondre affirmativement à ces deux questions :

. Avais-tu conscience de mal faire ?

. Étais-tu libre de ne pas le faire ?

Autrement dit, il n’y a de culpabilité réelle que si elle est fondée, déduite d’une réflexion qui s’appuie sur des données objectives.

  • Notre conscience morale s’est formée à partir des valeurs reçues de la famille, de la société, de la religion ou de notre idéologie. Mais aussi à partir de notre expérience, de notre vécu et de la réflexion personnelle qui ont pu moduler ces valeurs.
  • Or cette conscience morale doit savoir qu’elle s’appuie sur le soubassement d’une instance inconsciente, d’un tribunal invisible qui a intériorisé les interdits parentaux. Ce qui l’invite à travailler toujours les motivations réelles de ses choix.
  • Mais, disons-le bien haut, c’est la conscience morale de l’individu qui décrète en Dernier ressort ce qui est bien et ce qui est mal. Il nous est demandé de suivre notre conscience, et non pas forcément la Loi (qu’elle soit loi de la société ou loi de l’Église). C’est la conscience qui est chargée en dernière instance de dire si un acte est bon ou mauvais et quel est le « mieux vaut » dans le cas concret. « La conscience est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est SE LUI OBÉIR, et c’est elle qui le jugera (Romains 2 : 14-16). La conscience est donc le critère dernier de la moralité d’un acte : l’Église catholique passe souvent pour une instance autoritaire qui dicte aux fidèles ce qu’ils doivent penser et faire. Ce qu’on ne sait pas, c’est qu’elle n’invite jamais à aller contre sa conscience. Personne n’a le droit d’aller contre sa conscience même pour faire plaisir au pape ! « L’homme ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience. » (Vatican II, De la liberté religieuse).

Mais il est évident que cette conscience doit être formée. Il serait trop facile pour se justifier de dire : J’agis selon ma conscience. Ce qui exige une grande loyauté pour détecter les vraies motivations de ses choix, et un effort pour étudier, à la lumière notamment des exigences de l’amour, les fondements raisonnables des lois qui peuvent nous déranger.

                                                                             Père Denis SONET

                                                                         Extrait du livre La culpabilité, comment s’en sortir ?

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