Les fruits de la messe

LES FRUITS  DE  LA MESSE 

 

 De même que la messe avait débuté par un signe de croix, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est encore au nom de la Sainte Trinité que s’achève la messe, c’est-à-dire l’action liturgique. Cependant, nous savons bien qu’à la fin de la messe, commence le temps du témoignage.

Les chrétiens ne vont pas à la messe comme un devoir hebdomadaire, pour passer ensuite à autre chose ! Les chrétiens vont à la messe pour participer à la passion et à la résurrection du Seigneur, et pour vivre ensuite toujours plus en chrétiens : c’est le temps du témoignage qui commence. Nous sortons de la messe pour « aller dans la paix du Christ » apporter la bénédiction de Dieu dans nos activités quotidiennes, dans nos maisons, sur nos lieux de travail, dans les occupations de notre vie terrestre, en « glorifiant le Seigneur par notre vie ». Mais si nous sortons de la messe en faisant des commérages et en disant « regarde le celui-là, regarde-la celle-là… », avec la langue bien pendue, c’est que la messe n’a pas pénétré notre cœur. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas capables de vivre en témoins du Christ. À chaque fois que je sors de la messe, je dois en sortir meilleur que je n’y suis entré, avec davantage de vie, de force, de volonté de vivre en témoin du Christ.

Par l’Eucharistie, le Seigneur Jésus entre en nous, en notre cœur, en notre chair, afin que nous puissions « exprimer dans notre vie le sacrement reçu dans la foi ».

Nous passons donc de la célébration à la vie, conscients que la messe se réalise dans nos choix concrets si nous nous laissons impliquer en personne dans les mystères du Christ.

Nous ne devons pas oublier que nous célébrons l’Eucharistie afin d’apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques. Qu’est que cela signifie ? Cela signifie laisser agir le Christ dans nos actions : que ses pensées soient nos pensées, ses sentiments nos sentiments, ses choix nos choix. Voilà ce qu’est la sainteté : la sainteté chrétienne, c’est agir comme le Christ a agi. Saint Paul le dit précisément, en parlant de s’assimiler à Jésus : « avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2, 19-20). Voilà ce qu’est être témoin du Christ. L’expérience de saint Paul nous éclaire nous aussi : tout l’espace que nous créons en nous en luttant contre notre égoïsme, c’est-à-dire en faisant mourir en nous ce qui nous oppose à l’Évangile et à l’amour de Dieu, est un espace pour que s’exerce la puissance de son esprit. Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui se laissent agrandir l’âme par la force de l’Esprit-Saint, après avoir reçu le corps et le sang du Christ. Laissez votre âme s’agrandir ! N’ayez pas l’âme étroite, fermée, petite, égoïste ! Mais une âme large, une âme grande, une âme qui voit grand… Laissez-vous agrandir l’âme par la force de l’Esprit après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur.

Parce que la présence réelle du Christ dans le pain consacré ne s’arrête pas à la fin de la messe , l’Eucharistie est conservée dans le tabernacle pour la communion des malades et pour l’adoration silencieuse du Seigneur dans le Saint-Sacrement ; le culte eucharistique en dehors de la messe, que ce soit de façon privée ou communautaire, nous aide en effet à demeurer dans le Christ .

Les fruits de la messe sont par ailleurs destinés à mûrir dans la vie de chaque jour. En forçant le trait, nous pourrions dire que la messe est comme un grain, un grain de blé qui doit ensuite grandir dans la vie ordinaire, grandir dans les bonnes œuvres, les attitudes qui nous font ressembler à Jésus. Les fruits de la messe sont donc destinés à grandir dans la vie de chaque jour. En vérité, en renforçant notre union au Christ, l’Eucharistie renouvelle la grâce que l’Esprit nous a donnée lors de notre baptême et de notre confirmation, afin de rendre crédible notre témoignage de chrétiens . En allumant dans nos cœurs la flamme de la charité divine, que fait encore l’Eucharistie ? Elle nous sépare du péché : « Plus nous participons à la vie du Christ et plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de rompre avec Lui par le péché mortel » .                                      Nous asseoir régulièrement au banquet eucharistique renouvelle, fortifie et approfondit le lien avec la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons, selon le principe que l’Eucharistie fait l’Église , qu’elle nous unit tous.

Enfin, participer à l’Eucharistie nous engage également vis-à-vis des autres, en particulier des pauvres, en nous apprenant à passer de la chair du Christ à celle de nos frères, en lesquels le Christ attend d’être reconnu, servi, honoré, aimé.

En portant ce trésor d’être unis au Christ dans des vases d’argile (cf. 2 Co 4, 7), nous avons besoin de retourner continuellement au pied de l’autel, jusqu’au jour où nous goûterons pleinement, au paradis, à la béatitude du banquet des noces de l’agneau (cf. Ap 19, 9).           Audience Générale Pape François                                                                                                                                                                 5 avril 2018

 

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